1, 2, 3 labs d’innovation…Combien en faut-il pour transformer son entreprise en organisation innovante ?

Le lab d’innovation est un exercice de transformation confirmé

Dans une étude en cours que nous menons sur les lieux et labs d’innovation en entreprise, il apparaît déjà un signal fort : 41 % d’entre-elles ont ré-itéré l’exercice du lab. Ces premières entreprises qui, lors du lab-boom en 2012, se sont équipés d’un laboratoire d’innovation, ont constitué aujourd’hui un éco-système de labs dans leur organisation.

Dès lors, nous ne pouvons qu’imaginer que l’exercice du lab est un exercice qui a dépassé l’effet de mode, où tous voulaient un canoé-kayak dans sa salle de réunion, façon Google. Fini le « me too », chacun s’équipe du type de lab qui lui correspond selon sa culture et ses ambitions. Les premiers labs créés ont donc réussi à produire de l’innovation directe ou indirecte. Comme ils ont prouvé leur valeur dans l’entreprise, aujourd’hui nous assistons à un véritable déploiement des labs au sein de l’organisation.

Chaque nouveau lab se spécialise et vient couvrir un territoire inexploré, une activité nouvelle ou à renaître, ou encore se rapproche d’une zone géographique stratégique (nombreux sont ceux qui ouvrent un lab proche de l’éco-système start-up californien). Mais plus encore, il est de plus en plus intelligemment connecté au reste de l’entreprise, par différent canaux. Il est connecté à son réseau de labs, aux métiers ou unités connexes à sa spécialisation, à l’éco-système extérieur.

La question aujourd’hui est la suivante : Jusqu’où cela va-t-il continuer ? Combien faudra-t-il de labs dans mon entreprise ? Existe-t-il une quantité critique ?

Si l’on s’imagine continuer la tendance, le ratio lab / bureau classique sera inversé et les modes de collaboration autour de l’innovation portés par les labs seront devenus commun. Car il s’agit bien là d’une des raisons existentielles du lab : diffuser cette culture d’innovation, ses méthodes, ses outils, ses modes de collaboration au reste de l’entreprise. Ainsi, on peut comprendre aisément, qu’un lab à lui seul peine à transformer un grand groupe. Mettre en place 2, 3 ou même 4 labs fait alors sens afin d’augmenter les capacités transformationnelles. Tisser un éco-système de multiples labs à l’échelle mondial pour couvrir l’étendu des activités de l’entreprises aussi. Ouvrir un lab spécialisé sur une activité permet l’exploration, la prise de risque… Nous pouvons donc penser que, régulièrement, une entreprise ouvrira un nouveau lab pour continuer sa stratégie de croissance. Il arrivera un jour où l’espace des lab sera supérieur au reste des espaces dit classique. Qu’adviendra-t-il alors ? S’amorcera-t-il une porosité entre les deux types d’espaces ?

Mais si la culture lab se retrouve partout, comme devenue un standard organisationnel ou culturel, et par voie de fait, généralisé à toute les entreprises, comment le lab fait-il pour rester cet élément perturbateur, interrogateur et ce véritable atout compétitif différenciant ?

Restons dans un fictif futur en 2030 et imaginons-nous CLO – Chief Lab Officer – une union de labs sous une seule bannière, dont le métier est de permettre la cohésion des actions et la mise en place d’une véritable stratégie lab. Alors, le lab devient une fonction à part entière dans l’entreprise comme peut l’être la R&D, ou la production. La différence est qu’un lab influe aussi bien en transversalité par ses aspects pluri-disciplinaires, qu’en verticalité (comme la production) par sa spécialisation.

A la fois support et surtout producteur d’innovations, la fonction lab a toutes les raisons de croître sans réserve, ce qui peut faire penser que la quantité de lab n’est pas limitée…tant qu’il reste des ressources.

… à suivre

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